“Nourrir l’Afrique” : la BAD adopte sa stratégie pour révolutionner l’agriculture africaine

Le nouveau plan de la BAD, baptisé ‘Nourrir l’Afrique’, se concentre essentiellement sur le développement de 20 ‘chaînes de valeurs intégrées’ en Afrique. Le président du groupe de la Banque Africaine de Développement, Akinwumi Adesina, a présenté le lundi dernier, lors d’une conférence de presse à Lomé en présence du chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, sa stratégie de transformation du secteur agricole. Ce nouveau programme se concentre principalement sur l’intégration de la chaîne de valeur d’un produit et sur le développement de zones agro-industrielles particulières. Le directeur du département de l’agro-industrie et de l’agriculture, Chiji Ojukwu, a évoqué les problèmes du secteur de l’agriculture sur le continent africain.

       L’agriculture africaine, ‘vecteur de croissance’

“En Afrique, l’agriculture représente plus de 59 % des emplois, mais génère uniquement 32 % du Produit Intérieur Brut (PIB)”, a ajouté Victoire Dogbé, la nouvelle cheffe du gouvernement togolais.
Selon cette dernière, ceci pourra entraîner une pauvreté généralisée dans les zones agro-industrielles de l’Afrique. La productivité de ce secteur est, selon le président de la BAD, inférieure à la moyenne mondiale. Afin de pallier ce problème, la Banque Africaine du Développement a axé son plan sur le développement des chaînes de valeurs ajoutées au sein de ces pôles de croissance agricoles pour capter une grande part de la valeur ajoutée. Un développement soutenu et accéléré du secteur agricole est la clé de la réduction de la pauvreté et du développement économique dans les PMA (Pays moins avancés).
Les 3 principaux moyens d’accroître la production (progrès technique, modification de la composition de la production et expansion des superficies cultivées) varient en importance et sont au regard du niveau de croissance atteint. Ce type de transformation a déjà commencé au Nigeria, en Ethiopie, au Kenya et en Côte d’Ivoire.
Selon le président du Groupe de la Banque Africaine de Développement, les frais de transformation s’établissent, sur la période 2018-2024, entre 450 et 620 milliards de dollars (environ 980 milliards de Francs CFA), pour un retour sur investissement de plus de 120 milliards de Francs CFA par an à partir de 2024. S’ils veulent atteindre les ODD, les autorités devront consacrer 16 % des dépenses publiques au secteur de l’agriculture.