Lutter contre les faux médicaments : une urgence pour la santé publique

La Fondation Brazzaville lance une campagne contre ce fléau qui, chaque année, fait des dizaines de milliers de victimes. Cette nouvelle campagne de sensibilisation ‘les médicaments de la rue tuent’ vise essentiellement à alerter contre ce qui est en passe de devenir l’un des trafics les plus rentables, lucratifs.
En effet, l’expression ‘médicaments contrefaits ou médicaments falsifiés’ recouvre diverses réalités : un produit sans molécule active, avec des substances toxiques.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 23 % des médicaments dans le monde sont contrefaits. Cela varie d’une région à l’autre. “En Europe, on est à 2 %, en Amérique à 42 % et en Afrique, où ils sont généralement vendus dans la rue, à 73 %”, explique Tedros Adhanom Ghebreyesus, le président de l’Organisation Mondiale de la Santé.
Si le viagra (médicament indiqué dans les troubles de l’érection et l’hypertension artérielle pulmonaire) est à ce jour le produit le plus trafiqué dans le monde, particulièrement en Afrique et en Chine, les produits essentiels (vaccins, antipaludéens, antibiotiques, anticancéreux, etc.) ne sont pas du tout épargnés. “La contrefaçon de médicaments est un phénomène universel : tous les domaines thérapeutiques, patients (toutes les tranches d’âge), pays, médicaments vétérinaires, vaccins, médicaments humains sont concernés… Chaque année, le nombre de décès dû à la prise de médicaments falsifiés (ou faux médicaments) est estimé à des centaines de milliers”, a déclaré le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé.
Les acteurs s’arment à tous les niveaux face à ce fléau. Les contrefacteurs ont fait, ces quatre dernières années, d’énormes progrès afin de copier les emballages. Il est de plus difficile de repérer les faux à ce stade”, signale le directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé.

    Quelle est l’ampleur de la contrefaçon de médicaments dans le monde ?

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, le chiffre d’affaires généré par la contrefaçon est estimé à 26 % du marché mondial, soit 420 milliards de dollars. L’Amérique Latine, mais également le Moyen-Orient, l’Afrique, particulièrement la Côte d’Ivoire et le Togo, les Etats-Unis ou encore l’Asie sont exposés à ce fléau mondial de santé publique.
Selon le président du Togo, Faure Gnassingbé, des organisations criminelles de toutes tailles sont impliquées dans ce trafic. Ce phénomène a pris de l’ampleur. C’est un trafic environ vingt fois plus rentable que celui de la drogue.